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Le cinéma haïtien: actif et dispersé

    Le cinéma haïtien existe depuis toujours. Mais il est plus actif que jamais. Les films Fabienne Colasne se font plus seulement à Port-au-Prince, mais aussi à Miami, Boston, New York, Montréal. Normal: la diaspora haïtienne se chiffre à deux millions de personnes. On compte plus de 600 000 Haïtiens à New York, 250 000 en Floride et environ 75 000 à Montréal. Assez pour faire vivre une industrie en dehors du pays.
    En 2005, une cinquantaine de films en vidéo auraient été tournés à Haïti, contre une trentaine aux États-Unis. Mais si la tendance se maintient, ce sera bientôt le contraire.
    Le rythme de production de films faits à l'extérieur va bientôt dépasser ce qui se fait en Haïti», croit Clovis Cadet, copropriétaire de Divertimax, le plus gros distributeur de films haïtiens à Montréal. «La raison est simple: les facilités. Parce qu'en Haïti, il y a des problèmes d'expertise et d'équipements.» Pour le cinéma haïtien, la diaspora offre un avantage. Les films ont plusieurs publics et, donc, plusieurs vies. Ce n'est pas un hasard si Wilfort Estimable a tourné Gason Makoklen en créole: après Montréal, le film doit être distribué aux États-Unis, où la jeunesse haïtienne parle anglais et créole, mais... pas français.
    Il en va de même pour les vedettes, qui circulent en permanence d'un point à l'autre. Établie à Montréal, Fabienne Colas est aussi connue à Boston qu'à Port-au-Prince. Son alter ego masculin, le «George Clooney haïtien», Réginald Lubin, vit en Haïti. Mais il sera à Montréal cet été pour jouer dans Un corps à tout prix, un film produit par... Fabienne Colas.
    Le Festival du cinéma haïtien, organisé par Mme Colas cet automne (du 15 au 24 septembre), veut justement rendre compte de cette effervescence. Et surtout, «montrer au monde que le cinéma haïtien existe», dit la comédienne.
    Fait à noter: peu de cinéastes haïtiens ont réussi en dehors de la diaspora. Mais on en compte quand même deux ou trois. Skin Deep a été réalisé par Sacha Parisot, qui vit à Hollywood. Raoul Peck a réalisé les longs métrages Sometimes in April et Lumumba. Enfin, plus près de nous, il y a Dany Laferrière, qui tourne son deuxième film avec des acteurs québécois, dont Rémy Girard.

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