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Files de bécanes, cortèges de motos, parade de véhicules, de familles, de badauds, de vedettes d’horizons divers, de fêtards Pétion-Villois établis et supposés, masques de Jacmel, troupes de la République dominicaine richement déguisées, le tout s’affairant autour de la place Saint-Pierre, Pétion-ville a voulu respecter son mot de démarrer son défilé à 14 heures. Orchestré en grande partie et annoncé par le musicien disquaire Raoul Denis Junior, chargé de la question culturelle dans la commune, ce divertissement devait trancher par le port de couleurs et le fait que tout l’événement serait cheminé en une grande boucle de la mairie à la Place Saint-Pierre.
Après le passage de la vingtaine de bandes à pied et déguisées "il y aura deux petites boîtes à musique, des véhicules légers diffusant de la musique de D.J. mais aucun char lourd n’est prévu sur le parcours"… Ces explications de M. Denis ont charmé au-delà de la conférence de presse où édiles et consultants exposaient leur plan de réjouissance pour ce dimanche 30 janvier, coïncidant avec le Carnaval National de Jacmel. "Cette année je ne vais pas me taper l’embouteillage de Carrefour et le voyage" avouera tout de suite, cette ex-pakapala du Carnaval National dans le sud-est, je reste à Pétion-Ville avec mes enfants et mon mari… On pourra se promener, ce sera tout aussi bien, j’en suis certaine…"
A la tombée du jour, l’observateur intéressé pouvait déjà conclure qu’ils devaient étre nombreux ceux qui avaient décidé de se défouler sur place dans leur chez-eux, tant la foule indéfinie surprenait par son ampleur… Si les premières bandes à pied, y compris le cortège des édiles, déferlant la rue Grégoire et remontant la rue Rébecca ont pu évoluer dans une certaine aise, le reste des troupes, y compris les troupes dominicaines, a du composer avec un flot bigarré de jeunes et d’adultes, certains assez braves jusqu’à jucher des enfants sur leurs épaules, au beau milieu d’une sécurité renforcée et musclée.
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Le coin désormais notable du complexe Muncheez, prenait des allures du Champ-de-Mars des jours gras avec ses quelques stands et son virage laborieux, en plus de la cacophonie duelliste des DJ sur stand rivalisant le son acoustique des bandes de la rue. En moins plaisant, l’emprise énergique du béton donnait lieu au même spectacle de laissez-frapper regrettable ponctué d’interventions d’une sécuritéplutôt musclée.
Une note décevante: les gros chars fermant le défilé… Les danseurs baignant dans l’ambiance s’en sont réjouis mais n’empêche… la promesse était rompue, l’originalité volatilisée. Le succès populaire instantané de l’événement le rapprochait des images du grand Port-au-Prince. King Posse s’est laissé prendre au piège, pour un parcours aussi ténu, il fallait éviter d’arriver aussi tard, de provoquer une rupture dans la discipline établie et surtout risquer de ne pas finir le défilé dont la fin était annoncée pour 23 heures. Aux abords de minuit, il a fallu que la police s’interpose une nouvelle fois et le King de Pétion-Ville, pour cette première, devra se contenter d’avoir amusé les carnavaliers jusqu’à mi-chemin. Une note démobilisatrice au bout d’une fête plutôt bien ficelée, comme le montrent les images d’Image Nouvelle.
Ceux sortis aux petites heures le lendemain ont mesuré l’ampleur de la foule à l’amoncellement de détritus, bouteilles de verres y comprises, jonchant la rue Panaméricaine, et les autres sortis aux alentours de huit heures ont constaté l’effet des premiers nettoyages effectués par les équipes de l’édilité. L’envers du décor reprenait l’aspect habituel de la ville… qui à sa sortie vers le Canapé-Vert inaugurait des feux de signalisation. Innovation post-carnaval… en attendant d’autres…
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